Répartition versus capitalisation : un débat dépassé

La France a longtemps entretenu une vision manichéenne du problème des retraites, en opposant la répartition à la capitalisation. Si la complémentarité des deux systèmes n'est plus a prouver, il est temps de se confronter au véritable choix : quel système mixte est le plus efficace ?

Le débat répartition-capitalisation a fait long feu et c’est une bonne nouvelle ! Finies les arguties théoriques non conclusives et les querelles idéologiques sans fin. Aujourd’hui, les partisans de la capitalisation doivent admettre que celle-ci ne résout pas tous les problèmes, tandis que ses adversaires sont contraints de reconnaître que la répartition seule ne permet pas de faire face au vieillissement…


L'exemple outre-Manche

A l’inverse en France, la réforme Fillon a consacré solennellement le choix de la répartition

Regardons du côté de la Grande-Bretagne : dans un pays qui a fait le choix, depuis de longues années, de privilégier la capitalisation au détriment de la répartition, Gordon Brown a dû accepter une forte revalorisation de la retraite de base par répartition pour faire face à l’explosion du nombre de retraités pauvres et la mise en place d’un instrument public de financement par capitalisation. A l’inverse en France, où le débat capitalisation-répartition a longtemps été virulent : la réforme Fillon a consacré solennellement le choix de la répartition, tout en affirmant le droit de chacun à avoir accès à un produit d’épargne-retraite par capitalisation.


Les systèmes mixtes

Dans un contexte de forte incertitude et de bouleversement démographique, le développement de systèmes mixtes apparaît comme une bonne solution

De manière plus générale, partout se développent des systèmes mixtes qui brouillent la frontière entre répartition et capitalisation. Dans un contexte de forte incertitude liée aux bouleversements démographiques à venir, le développement de systèmes mixtes apparaît comme une bonne solution : suivant le principe financier bien connu de la diversification, il s’agit de limiter le risque "en ne mettant pas tous ses œufs dans le même panier". Risque aussi bien financier (les rendements respectifs de la répartition et de la capitalisation sont en partie dé-corrélés à court terme) que politique (en anticipant une partie des charges futures, la capitalisation rend plus acceptable le système de répartition pour les jeunes générations).


Pour simplifier, on peut considérer que se dessinent deux tendances, non exclusives l’une de l’autre :

  1. des systèmes mixtes à plusieurs piliers : une épargne-retraite - individuelle et/ou collective, facultative (Pays Bas, Royaume Uni par exemple) ou plus rarement obligatoire (Suède) - en complément d’une retraite de base par répartition. Ce type de système n’est pas nouveau, mais les réformes récentes ont généralement consisté à développer le pilier de l’épargne-retraite à mesure que le taux de remplacement assuré par la répartition diminuait.
  2. des systèmes mixtes au sein d’un même pilier : un système de retraite par répartition partiellement provisionné. De nombreux pays se sont dotés d’un fonds de réserve chargé de gérer au mieux des réserves constituées pour financer partiellement le système par répartition au moment du plein impact du choc démographique (Suède, Japon, Canada notamment pour ceux qui ont réorganisé la gestion de réserves accumulées de longue date ; Norvège, Pays Bas, Irlande, Nouvelle-Zélande, Portugal etc. pour ceux qui ont créé un fonds récemment).


L'enjeu

La France n’a pas échappé à cette double tendance, même si elle reste encore au milieu du gué ! Avec la loi de 2003, elle s’est dotée d’instruments universels (PERP, PERCO) destinés à favoriser le développement de l’épargne-retraite ; en 2003 également, son Fonds de réserve pour les retraites a commencé à investir sur les marchés les sommes qui lui sont confiées. Bien sûr, l’épargne retraite demeure embryonnaire et le fonds de réserve pourrait être mieux doté... Il faut que le débat puisse approfondir ces deux tendances de manière pragmatique, en ayant conscience que le coût de la non-réforme sera supporté par les jeunes générations !


auteur: Groupe retraites-Débat & Co
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